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La forêt des pluies

Il existe plusieurs termes pour désigner les forêts tropicales : forêt dense, forêt vierge, forêt primaire, forêt équatoriale, forêt ombrophile, forêt humide, jungle.

Les forêts tropicales s'étendent le long de l'équateur, entre le tropique du Cancer au nord et le tropique du Capricorne au sud. Pour qu'une forêt dense puisse exister, il faut d'abondantes précipitations annuelles, entre 1000 mm et 2000 mm par an, une température élevée et constante, entre 26 à 27° sans variation nocturne, une humidité de l'air importante, un ensoleillement élevé et une année divisée en deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies.

Les forêts denses éloignées de l'équateur sont moins arrosées par les chutes de pluies et sont davantage marquées par la fluctuation des températures.

Les forêts denses tropicales sont localisées en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Afrique Centrale, sur l'île de Madagascar, en Asie du Sud-Est et dans le nord-est de l'Australie.

Avec 6 millions de km², l'Amazonie offre la plus vaste étendue de forêts tropicales de la planète. Elle s'étale sur neuf pays : la Guyane française, le Surinam, la Guyana, le Venezuela, la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie et le Brésil qui en possède 60 %.


Un grand tapis vert

Vu du ciel, la forêt tropicale semble un grand tapis vert courant jusqu'à l'horizon. Parfois quelques arbres se dégagent ça et là avec leurs faîtes en ombrelles et leurs feuillages d'un vert noirâtre, pareils à des stèles qui jalonnent de loin en loin ces étendues incommensurables. En apparence la végétation exubérante est d'une monotonie déconcertante et vertigineuse. Pourtant si l'on prend la peine de l'observer, on est rapidement frappé par sa grande diversité. Un hectare de forêt dense compte 200 à 400 espèces d'arbres contre une vingtaine en forêt tempérée. Cependant, l'importante concentration de végétaux dans un périmètre si réduit est caractérisée par la rareté des espèces. Il est souvent nécessaire de parcourir plusieurs hectares pour rencontrer 2 arbres de la même espèce. Cette diversité impressionnante se rencontre uniquement dans un type de forêt humide fortement arrosée, près de l'équateur.

Les forêts tropicales ne sont pas toutes des forêts pluviales. Elles varient de la forêt ombrophile, très humide, à la forêt tropophile, voire xérophile, adaptée à la sécheresse. Leur taille et leur composition sont alors très différentes.

C'est la pluie qui caractérise les forêts tropicales humides. Même si certaines sont plus sèches que d'autres, elles connaissent toutes de fortes précipitations.

Les forêts ombrophiles de plaines enregistrent la pluviométrie la plus importante avec des records dans certaines régions qui reçoivent annuellement 11.000 mm. Ce sont les massifs forestiers tropicaux les plus vastes. On les rencontre à une altitude relativement faible - jusqu'à 900 mètres - à l'exception des forêts d'Amazonie occidentale qui culminent à 1800 mètres.

Les bassins de l'Amazone et du Zaïre sont les deux plus importantes étendues de forêts ombrophiles de plaine qui persistent de nos jours alors que la plupart des forêts de plaine sont fragmentées ou subissent de fortes pressions de déforestation.

Une quarantaine de types de forêts ombrophiles de plaines a été distinguée par les botanistes. Ces derniers différencient tous ces écosystèmes en se fondant essentiellement sur la pluviométrie, la qualité du sol et son drainage. Chaque type de forêt héberge une biomasse composée d'une variété d'espèces unique. Nous savons à présent que c'est dans ces types de forêts que l'on rencontre la plus grande diversité d'arbres.

A la fin des saisons des pluies, les rivières débordent de leur lit et inondent de vastes zones de forêts. Dans leurs crues, les cours d'eau transportent une grande quantité de limon fertile qui se déposera lors de la décrue. Ces sédiments jouent un rôle important dans la fertilisation des sols pauvres en matières nutritives.


Sous la frondaison

Certaines portions de forêts sont englouties en eaux profondes toute l'année. La végétation immergée s'est adaptée à ces conditions de vie aquatique.

En prenant de l'altitude, les forêts ombrophiles de plaines s'adaptent à des températures plus fraîches. A partir de 900 mètres, la faune et la flore se modifient avec les changements climatiques. La canopée est souvent prisonnière des brumes. L’épais feuillage tamise la lumière

Sous la frondaison, les mousses et les lichens prospèrent dans l'humidité fraîche, recouvrant les troncs des arbres, les plantes et les lianes. En altitude, la hauteur de la canopée se réduit considérablement. A 1000 mètres on rencontre encore des formations d'une vingtaine de mètres, tandis qu'à plus de 3000 mètres les forêts dépassent tout juste la taille d'un homme. L'intensité des précipitations et la réduction du phénomène d'évapotranspiration à des températures inférieures ralentissent la croissance des végétaux. Les forêts ombrophiles d'altitude abritent moins d'espèces que les forêts de plaines.

L' écosystème des forêts tropicales le moins riche en espèces végétales est sans aucun doute celui des mangroves. Ce type de forêt ombrophile se rencontre essentiellement sur les vasières de la bande littorale.

 


Structure de la végétation

Dans les forêts denses, la végétation se livre à une compétition dont l'enjeu est la lumière. Toutes les plantes n'ont qu'une priorité : capter le plus possible l'énergie solaire. Les essences plus résistantes et les plus habiles se retrouvent entre 30 à 40 mètres au-dessus du sol pour former les houppiers de la canopée.

Plus bas, privées de luminosité les plantes doivent s'adapter à une semi pénombre. La lutte pour la lumière est l'élément essentiel pour expliquer la structure de la végétation. A mesure que l'on s'approche du sol, la luminosité diminue et l'humidité augmente. Les innombrables microclimats rencontrés depuis le sol jusqu'à la canopée, ainsi que la multiplicité des ressources nutritives président à l'installation de nombreuses niches écologiques et permettent le développement de biocénoses complexes.

La canopée est le toit de la forêt. Les millions de feuilles, semblables à des panneaux solaires, captent les rayons du soleil, fabriquent les sucres par photosynthèse, et ces sucres auxquels s'ajoutent des sels minéraux favorisent la croissance des arbres. La plupart des animaux des forêts tropicales squattent le grand tapis vert, véritable garde manger.

Dans la journée, la canopée est soumise à l'ardeur directe des rayons solaires. La température augmente de quelques degrés - + 6° - et l'humidité descend jusqu'à 40 %. Heureusement les pluies nocturnes viennent tempérer les excès du soleil et maintenir un certain taux d'humidité. Cet apport direct de chaleur constitue la centrale énergétique de la forêt, où l'essentiel de la photosynthèse a lieu.


Poumon du monde ? FAUX

Pratiquement toute la vie sur la terre dépend de l'énergie du soleil et de son utilisation. Les plantes vertes, les algues et certaines bactéries la convertissent en énergie chimique, qu'elles emploient grâce à la réaction photosynthètique. Au cours de l'évolution, le mécanisme de la photosynthèse a permis de créer l'atmosphère respirable de la terre.

Le gaz carbonique (CO2) et l'eau sont les matériaux organiques de base de la photosynthèse. Chez les plantes et les algues vertes, la photosynthèse est réalisée grâce aux chloroplastes, convertisseurs solaires miniatures qui se trouvent dans les cellules végétales. Les chloroplastes contiennent des pigments photosynthétiques; le plus important est la chlorophylle. Ce pigment vert absorbe la lumière. L'énergie lumineuse est transférée aux molécules de chlorophylle qui est l'initiateur d'une chaîne complexe de réactions et de processus biochimiques, pour aboutir à la formation de composés organiques (contenant du carbone) simples, comme les sucres. Le gaz carbonique de l'air qui fournit les atomes de carbones et l'eau, et libèrent en même temps de l'oxygène. Les sucres sont utilisés par les plantes comme combustibles à des réactions qui génèrent de l'énergie chimique ; énergie qui sert à alimenter les réactions biochimiques essentielles à la survie et à la croissance. La photosynthèse n'est pas un moyen particulièrement efficace de conversion de l'énergie lumineuse en aliment. En moyenne, seulement 1 % de la lumière qui atteint une feuille est absorbé. Toutefois sans la photosynthèse pour capter l'énergie du soleil, pratiquement inépuisable, la vie déclinerait rapidement.

 


Une cocotte-minute

Dans la voûte forestière, la vie s'entretient et s'enrichit d'elle même. Les fleurs sont pollinisées par le vent, les insectes et les oiseaux. Les fruits sont mangés et les graines dispersées par des colonies de aras, de toucans et de singes.

Dans cet univers où toutes les espèces sont étroitement liées les unes aux autres, la nature a organisé une chaîne de vie fondée sur la réciprocité. Mais dans cette formidable matrice naturelle, qui est utile à qui, quel insecte est essentiel pour telle fleur ?

 

 

Au-dessous de la canopée, les arbres encore jeunes, les plantes à croissance moyenne et les lianes profitent des quelques rayons solaires qui ont réussi à transpercer le grand dais de verdure. Cet étage intermédiaire entre la canopée et le sol intercepte la lumière déjà fortement tamisée par la strate supérieure. En fait, 1 % seulement de la lumière arrive au sol. A ce niveau, la forêt vit dans l'ombre et se compose d'arbustes, de fougères, de mousses et de racines. Dans la pénombre des sous-bois, l'humidité est pratiquement de 100 % et la température de 28°. Dans le sous-bois, les plantes poussent dix fois moins vite qu'ailleurs. Malgré cela, on y rencontre la moitié des espèces végétales de la forêt.

 


Les châblis

L'architecture et la composition d'une forêt tropicale ne sont pas des éléments statiques. Elles sont en perpétuelles construction et démolition. Ces transformations proviennent essentiellement de la chute des arbres. Une grande partie du cycle des forêts fonctionne sur la base de trouées de lumière occasionnées par l'écroulement des arbres.

La chute d'un arbre dégage un espace suffisamment important pour laisser pénétrer la lumière et permettre aux jeunes pousses de germer plus rapidement. La forêt évolue grâce à ces ouvertures : les chablis.

Les chablis modifient les conditions de vie du sous-bois. Les rayons solaires et le vent profitent de ces ouvertures pour s'engouffrer jusqu'au ras du sol, entraînant une baisse importante de l'humidité. La végétation habituée à évoluer avec un taux d'humidité de 100 % doit rapidement s'adapter à ce bouleversement climatique. Les jeunes arbres qui ont survécu à l'état de vie ralenti pendant de longues années, utilisent les trouées pour se développer pleinement.

La nouvelle végétation des chablis se développe rapidement et en l'espace de dix à quinze ans seulement, les arbres auront rejoint le niveau moyen de la canopée. La trouée est presque bouchée en cinquante ans. Au bout d'un siècle, plus rien ne distingue l'ancienne trouée de la forêt avoisinante. Les premiers arbres à pousser sont des espèces à vie courte mais ont un rôle vital dans la régénération de la forêt. Ils fournissent l'ombrage et l'humidité absolument nécessaires à la croissance des espèces de la canopée.


Des sols pauvres

Les forêts denses évoluent sur des sols pauvres et non fertiles. Depuis plus d'un million d'années, les sols tropicaux sont soumis à l'érosion : ils ne se renouvellent plus. Ils manquent de matières nutritives nécessaires à la croissance des végétaux - notamment azote, phosphore, potassium, calcium et magnésium.

Pour obtenir cette magnificence, il a fallu que les arbres développent des stratégies exceptionnelles pour récupérer les substances nutritives. La survie de la forêt est assurée par un système de recyclage de la manière organique : 75 à 90 % des substances nutritives proviennent de la chute des feuilles, des graines de fruits et des lianes.

 


Recyclage

Une des grandes caractéristiques de nombreux arbres des forêts tropicales réside dans l'enchevêtrement des racines superficielles qui au lieu de plonger leurs ramifications en profondeur, s'étalent à la surface du sol. Les arbres sont maintenus par les contreforts ailés ou des racines latérales qui remontent jusqu'à cinq mètres sur le fût. Le réseau de racines a une importance capitale en formant au-dessus de la surface du sol un tapis spongieux retenant la plupart des éléments nutritifs qui pourraient être emportés par les eaux de ruissellement.

L'écosystème forestier tropical est caractérisé par la vitesse élevée de recyclage des éléments minéraux. Les pluies abondantes alliées à la chaleur conduisent au développement d'une micro flore au sol très diversifiée décomposant de façon intense pendant toute l'année la matière organique morte formée par les débris végétaux et les cadavres d'animaux. On estime que la litière est ainsi totalement décomposée et recyclée quatre à cinq fois par an. Les sols n'ont de ce fait qu'un stock réduit d'humus et de sels nutritifs.


Mycorhize

Les petits animaux et surtout les insectes qui se nourrissent de feuilles, de bois mort et de cadavres animaliers aident à la décomposition et à la transformation des substances nutritives. Les fourmis par exemple sont capables de dévorer du bois mort et d'en évacuer la cellulose dans leurs excréments qui viendront à leur tour nourrir le réseau racinaire. La forêt vit donc en autarcie.

Il existe d'autres agents de décomposition, consommant les déchets organiques, plus silencieux mais d'une haute efficacité : les champignons bactéries qui inlassablement dévorent les feuilles mortes. Beaucoup d'arbres s'associent intimement avec ces champignons pour recueillir plus d'éléments. De cette association champignons / racines - phénomène de mycorhize - dépend la survie de nombreuses espèces.

Le déboisement de grande envergure va interrompre le cycle vital de la matière organique. Privée de sa couverture végétale et de son réseau de racines, la forêt est victime d'une érosion totale et définitive. Un hectare de forêt perd 1,4 kg de terre par an, dénudé il en perd 30,8 tonnes, plus rien ne retenant les matières nutritives qui sont emportées par les pluies et le vent.

 

 


Un monde immense

L'Amazonie est tout d'abord une immense région équatoriale et intertropicale de 7 millions de km². Le bassin amazonien, c'est-à-dire l'ensemble des terres baignées par l'Amazone et ses affluents, représente le plus important réseau hydrographique du monde et occupe une surface de 6 millions de km². Le massif amazonien formé par l'immense forêt couvre en partie le bassin et s'étend sur 5.800.000 km². Il y a donc un léger décalage du massif par rapport au bassin. En effet, le massif déborde le bassin au nord pour englober les Guyanes et le bassin de l'Orénoque au Venezuela.

L'Amazonie se caractérise aussi par une grande diversité physique, biologique et humaine. La diversité, la géologique, la variété climatique, l'hétérogénéité des eaux et des régimes fluviaux, la répartition particulièrement remarquable de la flore et de la faune font du milieu amazonien une mosaïque d'écosystèmes différents. Immensité et diversité sont les mots les plus justes et les plus évocateurs pour donner une bonne définition de l'Amazonie.

Dans cette immensité, le Brésil tient, par rapport aux autres pays d'Amérique du Sud, une place prépondérante dans l'occupation de l'espace amazonien. Il détient environ les deux tiers de la surface, ce qui représente 60 % du territoire national. Le gouvernement brésilien reconnaît comme étant "Amazonie" un territoire appelé "Amazonie légale" qui correspond plus à une division administrative qu'à une réalité écologique. L'Amazonie légale occupe une surface de 5 millions de km², s'étendant sur neufs États brésiliens : Amapá, Pará, Amazonas, Acre, Rondônia, Mato Grosso, Tocantins et Maranhäo. D'un point de vue administratif l'Amazonie brésilienne se situe entre les parallèles 5°16' 20'' nord et 18°02' 36'' sud et les méridiens 48°45' 24'' ouest et 66°37' 11'' est. Cependant, le massif amazonien n'atteint que le 13ème parallèle sud et, est en grande partie situé au nord du parallèle 10° sud.


Différents écosystèmes

On a tendance à croire que l'Amazonie est une vaste plaine monotone et plate. C'est peut-être vrai pour la plaine du fleuve Amazone qui après avoir descendu tumultueusement les versants escarpés des Andes, s'écoule paisiblement sur des milliers de kilomètres vers l'océan Atlantique sur un dénivelé pratiquement nul. Il en est de même pour les principaux affluents qui baignent également des plaines ayant des altitudes inférieures à 200 mètres. Cependant le bassin amazonien est bordé par trois massifs. A l'ouest, se dresse la Cordillère des Andes. Au nord et au sud deux boucliers montagneux, géologiquement très anciens, formés de diverses roches cristallines, délimitent le bassin. Le socle guyanais au nord est le plus élevé ; le Pico de Neblina avec ses 3014 mètres est le plus haut sommet du Brésil, tandis qu'au sud le socle brésilien se situe de 500 à 800 mètres d'altitude.

L'Amazonie n'est donc pas une terre plate. Les variations d'altitude ont une importance écologique capitale, influençant sur les précipitations : la densité et la régularité des pluies sont différentes dans les vallées. Les fleuves amazoniens présentent des variations du niveau de l'eau de l'ordre de 6 à 7 mètres, pouvant atteindre 20 mètres au rio Negro près de Manaus qui en l'occurrence se trouve juste au-dessous du niveau de la mer.

Cette fluctuation associée au relief de la vallée délimite trois systèmes écologiques distincts:

 

          - les "igapos" : terres inondées en permanence.

 

          - les "varzeas" : terres inondées périodiquement.

 

          - les "terras firmes" : terres jamais inondées.


Soleil et pluie

Le climat amazonien présente les caractéristiques typiques d'un climat équatorial : forte irradiation solaire, humidité de l'air importante, abondance des précipitations et températures élevées.

Les moyennes thermiques se situent aux environs de 26° et 27° et se maintiennent, de façon caractéristique, élevées tout au long de l'année. L'amplitude thermique annuelle est souvent inférieure à 3,5°. Il existe des exceptions pour les régions plus méridionales qui sont envahies, pendant de brèves périodes de l'année par des masses d'air froid venues de l'Antarctique. L'année est divisée en deux saisons : la saison des pluies et la saison sèche qui dure deux à cinq mois. Les variations saisonnières dépendent directement de la hauteur du soleil. Au-dessus de l'équateur, il est au zénith en mars et en septembre seulement, au nord jusqu'au tropique du Cancer d'avril à août et d'octobre à février au sud jusqu'au tropique du Capricorne. La saison des grandes précipitations correspond à celle où le soleil est le plus haut. La saison sèche intervient donc de novembre à février au nord de l'équateur. A l'inverse, les régions situées dans l'hémisphère sud sont moins arrosées de mai-juin à août-septembre. Ainsi, les variations d'inclinaison du soleil entraînent partout en Amazonie, même dans les régions proches de l'équateur, une nette baisse des précipitations durant des périodes plus ou moins courtes.

Les précipitations se caractérisent par des averses de courtes durée (½ à 2 heures en général) et par leur violence qui ont des effets importants sur l'érosion. Dans certaines régions la pluie tombe presque toujours à la même heure. A Belém, les gens ont coutume de fixer leur rendez-vous avant ou après la pluie. Les averses surviennent aussi à tout autre moment du jour et de la nuit. La moyenne des précipitations est de 2500 mm par an.

Lors d'une averse tropicale, la forêt absorbe tout le liquide dont elle a besoin, puis cette eau s'évapore des feuilles grâce au processus d'évapotranspiration et retourne au ciel au lever du jour en brume légère. C'est la même eau qui retombe sans cesse, d'arbre en nuage, de nuage en rivière. De la chaleur d'hier tombe les pluies d'aujourd'hui qui a leur tour s'évaporeront demain.

50 % de la pluie qui se déverse sur le bassin amazonien provient de l'océan. Les autres 50 % sont les conséquences de l'évapotranspiration de la forêt. 75 % de l'énergie solaire qui arrivent sur la terre servent en Amazonie à l'évaporation de l'eau et à la transpiration des plantes (l'eau est dégagée par les stomates ou les pores par lesquels respirent les feuilles).

L'énorme masse de nuages formée au-dessus de la forêt amazonienne joue un rôle primordial dans la répartition de la chaleur du soleil sur le globe grâce à un processus de réflectivité de l'énergie solaire : l'albédo. Dans cette partie du monde à forte nébulosité, on rencontre des zones de fort albédo, c'est-à-dire qu'une grande partie de la chaleur solaire non utilisée par la végétation est réfléchie et exportée de chaque côté de l'équateur jusqu'à des régions non tropicales. Si nous détruisons la forêt dense, nous perdons le bénéfice de l'albédo et interrompons l'évapotranspiration.


Puit à carbone

Des radeaux de brume dérivent à la surface d'un océan végétal. C'est la vapeur d'eau qui s'évapore lentement de la forêt pour former un plafond nuageux. L'Amazonie semble respirer. C'est peut-être ce spectacle, tous les matins répété, qui nous a fait croire durant des décennies que la forêt amazonienne était le "poumon du monde". En réalité l'oxygène que nous respirons est fabriqué par des milliards d'algues microscopiques.

En Amazonie, la forêt émet selon la saison et le moment de la journée du gaz carbonique en alternance avec de l'oxygène. En effet, une étude scientifique, menée conjointement par l'Institut Brésilien d'Etudes Spatiales (INPE) et la NASA, révèle que pendant la saison sèche pour préserver un taux d'humidité vital pour elle, la forêt cesse toute photosynthèse. Par conséquent, durant cette période de l'année elle rejette dans l'atmosphère d'importantes quantités de gaz carbonique. Par ailleurs, à cause de la décomposition de la matière organique du sous-bois, il se forme juste au-dessus d'elle un "trou" naturel dans la couche d'ozone qui disparaît à la fin des pluies d'été.

A la saison des pluies, tout rentre à nouveau dans l'ordre. La photosynthèse reprend ses droits et la forêt redevient grosse consommatrice de carbone. Un hectare de forêt dense absorbe 9,6 kilogrammes de gaz carbonique par jour.


Usure des sols

L'eau des pluies qui arrive sur la végétation est en partie interceptée par celle-ci, s'évapore et revient à l'atmosphère. Une autre partie arrive au sol, soit directement, soit après un écoulement sur la végétation. Dans le sol, une partie de l'eau est absorbée par les racines et revient à l'atmosphère par l'évaporation. L'eau qui n'est ni stockée dans le sol, ni captée par la végétation s'écoule vers les innombrables rivières. Les sols sont lessivés inlassablement par les pluies. Un hectare de forêt dense perd par an 1,4 kg de matières nutritives, dénudé, il en perd 30,8 tonnes. La luxuriance de la forêt amazonienne est une énigme. Elle repose sur un sol extrêmement pauvre, composé essentiellement de sable et d'argile. Pis encore, les sols amazoniens sont dépourvus des substances qui retiennent les matières nutritives. Les arbres tropicaux en grande densité protègent les sols d'une érosion définitive en retenant la terre par leurs réseaux racinaires et évitent le dessèchement de la forêt en maintenant une humidité élevée. Dépouillés de leur couverture forestière, les sols sont rapidement lessivés par les fortes averses, le vent et l'irradiation solaire. En Amazonie, beaucoup de sols sont riches en oxyde de fer et d'aluminium. S'ils se trouvent complètement exposés durant une période prolongée, ils se transforment en une substance dure, semblable à de la brique : la latérite. La latérisation des sols forme une croûte rouge et au bout de quelques années, la terre devient stérile.

 


Une forêt fragile

L'Amazonie est un colosse aux pieds d'argile. La moindre perturbation peut entraîner des effets irréversibles sur l'équilibre écologique du monde. L'Amazonie est une réalité climatique. Elle est le régulateur du régime pluviométrique de la planète. En effet, l'évaporation de l'eau ne contribue pas seulement à l'arrosage de la forêt, elle rafraîchit également l'atmosphère tropicale. De plus, une partie de cette vapeur est transportée à des latitudes plus élevées par les courants atmosphériques. L'Amazonie est donc une gigantesque pompe thermique solaire qui contribue d'une manière significative à tempérer le climat des régions situées à de plus hautes latitudes. La réduction de la couverture végétale diminue de 10 à 20 % au moins l'évaporation de l'eau en zones de forêts denses. L'abattage des arbres réduit le taux d'humidité de l'atmosphère et les chutes de pluies.

Les milliers d'incendies déclarés chaque année à la saison sèche provoquent une augmentation allant parfois jusqu'à 1000 % de la teneur de monoxyde de carbone qui peu à peu finit par se transformer en dioxyde de carbone (gaz carbonique), "creusant" la couche d'ozone et accentuant l'effet de serre.

Un déboisement de grande envergure du bassin amazonien est une menace à prendre au sérieux sans délai.



Les Amérindiens

Des cultures en mutation

 

Cinq cents ans après l’arrivée des colonisateurs Européens les Amérindiens continuent à présenter des organisations sociales originales et à profiter avantageusement des richesses naturelles de la forêt amazonienne. S’il reste encore quelques ethnies isolées, la plus part des tribus amérindiennes sont en contact de plus en plus fréquent avec la société moderne et doivent intégrer les nouvelles technologies. Dans ce contexte de profondes mutations, elles rentrent en résistance pour préserver leurs cultures et transmettre aux futures générations un patrimoine menacé.

Les différents chapitres ont pour objectif de décrire les principales caractéristiques des groupes amérindiens dans leurs activités culturelles. Vous pouvez nous contacter si vous désirez des informations complémentaires sur une ethnie particulière.

 

 


Ethnies amérindiennes du Brésil

 Aikanã ; Aikewara ; akuntsu ; Amanayé ; Anambé ; Aparai ; Apiaká ; Apinayé ; Apurinã ; Aranã ; Arapaso ; Arara ; Arara do Rio Branco ; Arara Shawãdawa ; Araweté ; Arikapú ; Aruá ; Ashaninka ; Asurini do tocantins ; Asurini do Xingu ; Atikum ; Avá-Canoeiro ; Aweti ; bakairi ; Banawá ; Baniwa ; Bará ; Barasana ; Baré ; Bororo ; Canela Apanyekrá ; Canela Ramkokamekrá ; Chiquitano ; Cinta Larga ; Coripaco ; Deni ; Desana ; djeoromitxi ; Dow ; Enawenê-Nawê ; Fulni-ô ; Galibi do Oiapoque ; Galibi-Marworno ; Gavião Parkatêjê ; Gavioã Pykopjê ; Guajá ; Guajajara ; Guarani ; Guarani Kaiowá ; Guarani Mbya ; Guarani Ňandeva ; Guató ; Hixkaryana ; hupda ; Ikolen ; Ikpeng ; Ingarikó ; Iranxe Manoki ; Jamamadi ; Jarawara ; Javaé ; Jenipapo-Kanindé ; Jiahui ; Juma ; Ka’apor ; Kadiwéu ; Kaiabi ; Kaingang ; Kaisana ; Kalankó ; Kalapalo ; Kamaiurá ; Kambela ; Kanamari ; Kanoê ; Kantaruré ; Karajá ; Karajá do Norte ; Karapanã ; Karipuna de rôndonia ; Karipuna do Amapá ; Kariri-Xokó ; Karitiana ; Karo ; Karuazu ; Katukina do Rio Biá ; Katukina Pano ; Kaxarari ; Kaxanawá ; Kaxixó ; Kaxuyana ; Kayapó ; Kayapó Xikrin ; Kinikinau ; Kiriri ; Kisêdjê ; Kokama ; Korubo ; Kotiria ; Krahó ; Krenak ; Krikati ; Kubeo ; Kuikuro ; Kulina ; Kuntanawa ; Kuruya ; Kwazá ; Maku ; Makuna ; Makurap ; Makuxi ; Manchineri ; Marubo ; Matipu ; Matis ; Matsés ; Maxakali ; Mehinako ; Menky ; Manoki ; Miranha ; Mirity-Tapuya ; Mundurucu ; Mura ; Nadöb ; Nahukuá ; Nambikwara ; naruvotu ; Nawa ; Nukini ; Ofaié ; Oro Win ; Palikur ; Panará ; Pankará ; Pankararu ; Pankaru ; Parakanã ; Paresi ; Parintintin ; Pataxó Hã-hã-hãe ; Paumari ; Pirahã ; Pira-Tapuya ; Pitaguary ; Potiguara ; Puyanawa ; Rikbaksta ; Sakurabiat ; Sateré Mawé ;  Shanewana ; Siriano ; Surui Paiter ; Tapayuna ; Tapeba ; Tapirapé ; Tapuio ; Tariana ; Taurepang ; Tembé ; Tenharin ; Terena ; Ticuna ; Timbira ; Tingui Botó ; Tiriyó ; Torá ; Tremembé ; Truká ; Trumai ; Tsohom-Dyapa ; Tukano ; Tumbalalá ; Tupari ; Tupinambá ; Tupiniquim ; Tuyuca ; Umutina ; Uru-Eu-Wau-Wau ; Waimiri Atroari ; Wai Wai ; Wajãpi ; Wajuru ; Wapixana ; Warekena ; Wari’ ; Wauja ; Wayana ; Xakriabá ; Xavante ; Xerente ; Xetá ; Xipaya ; Xokleng ; Xukuru ; Yaminawá ; Yanomami ; Yawalapiti ; Yawanawá ; Ye’kuana ; Yudja ; Yuhupde ; Zo’é ; Zoró ; Zuruahã.


Population

 

Le dernier recensement de la Fondation nationale de l’Indien (FUNAÏ) compte 817.963 amérindiens répartis en 230 ethnies, soit 0,26% de la population brésilienne.

Le département des Indiens isolés estime qu’il existe 77 ethnies n’ayant eu aucun contact avec la société moderne.

La population se répartie sur l'ensemble du terrioire brésilien dont 61,7% en zone rurale, principale dans les états de l'Amazonie légale. La population amérindienne en milieu urbain a augenté de manière significative, principalement dans le sud-ouest (80,91%) et dans le nord-est (50,86%).

Le ville de Manaus compte une population amérindienne estimée à 11.000 personnes.

La capitale Brasilia compterait une population amérindienne de 8000 personnes.

 

14 ethnies ont une population inférieure à 40 individus

49,55 % des ethnies ont un effectif inférieur à 500 personnes

14,55 % des ethnies ont un effectif inférieur à 1000 personnes

25 % des ethnies ont un effectif inférieur à 5000 personnes

9 % des ethnies ont un effectif inférieur à 20.000 personnes

Seules 4 ethnies à un effectif supérieur à 20.000 personnes

 

Taux démographique : 3,5 % (moyenne nationale 1,3 %)

Il existe 683 territoires indigènes régularisés ou en cours de procès juridico-administratif pour une reconnaissance.

Les territoires déjà délimités constituent environ 13% du territoire brésilien soit 108 millions d'hectares (superficie de la Colombie).

 22% de l'Amazonie légale sont réservés aux Amérindiens.

 

Sources : FUNAÏ, ISA

 


Recencement de 2010

 

Un rapport d’avril 2012 de IGBE, institut brésilien de géographie et de statistiques, vient de rendre public le recensement de la population amérindienne. Les données ont été collectées durant l’année 2010.

 

L’effectif de la population en 2010 est d'un peu plus de 817.000 amérindiens.

Durant la période de 2000/2010 l’augmentation démographique est de 11,4 % soit 84.000 personnes supplémentaires. Une augmentation moins significative que durant la période antérieure 1991/2000 dont l’essor avait atteint les 150 % soit 440.000 personnes.

 

Population par états brésiliens

Amazonas : 168680                                                                        Santa Catarina : 16041

Mato Grosso du Sud : 73295                                                        Acre : 15921

Bahia : 56381                                                                                  Rio de Janeiro : 15894

Pernambuco : 53284                                                                      Alagoas : 14509

Roraïma : 49637                                                                             Tocantins : 13131                    

Mato Grosso : 42538                                                                       Rondonia : 12015

São Paulo : 41794                                                                           Espirito Santos : 9160

Pará : 39081                                                                                    Goias : 8533

Rio Grande do Sul : 35969                                                              Amapá : 7408

Maranhão : 35272                                                                            District federal : 6128

Minas Gerais : 31112                                                                      Sergipe : 5219

Paraná : 25915                                                                                Piau : 2944

Ceará : 19336                                                                                  Rio Grande do Norte : 2597

Paraiba : 19149

 

80,5% des communes brésiliennes déclarent avoir enregistré la présence d’au moins un Amérindien auto-déclaré.

 

10 communes les plus peuplées par des Amérindiens réunissent 126 600 personnes soit 15,5% de l’effectif.

Les 5 communes qui enregistrent la plus grande concentration de population amérindienne

Sont :

São Gabriel da Cachoeira (Amazonas) : 29017

São Paulo de Olivença (Amazonas) : 14974

Tabatinga (Amazonas) : 14855

São Paulo (São Paulo) : 12977 (population en décroissance)

Santa Isabel do Rio Negro (Amazonas): 10749

 


Habitation

 

La multiplicité des formes de l’habitat traditionnel des Amérindiens est considérable. Cela va du simple auvent sur pilotis en passant par les grandes maisons pouvant héberger plusieurs centaines de personnes.

Elles ont toutes un point en commun : la beauté, la simplicité et la parfaite harmonie avec la forêt vierge.

L’habitation ne doit pas seulement être pratique, elle doit aussi répondre aux impératifs religieux, sociaux et économiques.

Lorsqu’il s’agit de construire un bâtiment, on tient compte de la cosmologie mystico-religieuse et de la structure sociale pour choisir l’emplacement. En général, il est construit dans un lieu facile à défendre, près d’une source d’eau potable et de terres fertiles.

Tous les matériaux nécessaires à la construction viennent de la nature : arbres spéciaux comme poteaux de soutènement, les palmes pour la couverture du toit, le bambou et le chonta pour les murs, les lianes pour la fixation.

Une conception particulière de l’espace et de l’utilisation des matériaux naturels contribuent à créer des conditions thermostatiques idéales. La maison communautaire est fonctionnelle et il y fait agréablement frais. Malheureusement les programmes de « modernisation » ont fait disparaître les habitations traditionnelles dans de nombreux villages.

L’équipement des maisons est très simple. Il comprend des nattes, des hamacs (inconnus chez les Jê et dans le Montana, où ils sont remplacés par des lits avec châssis), des paniers, des vases et le babracot, l’ancêtre du barbecue.

Dans les habitations, le foyer se trouve à même le sol. Les bûches sont disposées en étoile, c’est-à-dire allongées sur le sol, elles se rejoignent aux extrémités. Cette technique permet d’absorber l’humidité du sol, source de pourriture et de réchauffer l’air pendant les nuits fraîches.

Le village est abandonné après quelques années, lorsque le rendement des plantations baisse.

 

 


Organisation sociale

Droits et devoirs

 

Le gigantesque bassin fluvial de l’Amazone a permis aux Amérindiens de se doter d’une culture sensiblement similaire et de participer presque tous à un même genre de vie. Les différences sont dues à la situation géographique et à la volonté des groupes ethniques de se différencier.

Les Indiens s’autodésignent généralement par un terme qui signifie : homme, gens ou nous. Les membres qui composent une société forment avec la faune et la flore locales, les divinités et les héros mythiques un univers solide et définitif. Tout ce qui n’appartient pas à cet environnement est considéré comme étranger.

Les sociétés indigènes trouvent leur équilibre dans un climat de collaboration sans contrainte. C’est surtout le cas, chez les groupes divisés en phratries (subdivision du groupe). Chaque phratrie organisée en moitiés exogames est régie par des obligations et des fonctions réciproques dans la vie quotidienne et au cours de certains rituels. Le système des moitiés rappelle à chacun ses devoirs envers son voisin et ce qu’il est en droit de recevoir en échange.

 

 


Systèmes de parenté

 

Les Amérindiens tracent leur descendance de trois manières :

 

-         par descendance patrilinéaire : la parenté est reconnue à travers la ligne directe du père.

-         Par descendance matrilinéaire : la parenté est reconnue à travers la ligne directe de la mère. C’est dans cette catégorie que l’on observe l’importance de l’avunculat, un système d’organisation sociale dans lequel la responsabilité paternelle est assurée par l’oncle maternel.

-         Par descendance bilatérale : la filiation est liée aux côtés maternel et paternel.

 

 

Une communauté amérindienne peut être divisée en plusieurs clans, constitués d’individus se reconnaissant un ancêtre commun. Les membres d’une famille peuvent appartenir à des clans différents.

 

Le système de la famille étendue est assez répandue. Il est constitué du père, de la mère, des enfants, des petits enfants, des oncles, des tantes, des neveux et des nièces. La seule différenciation sociale à l’intérieur du groupe est déterminée par le sexe et l’âge.

 

L’organisation sociale en bande ou en village mixte est composée de différentes familles ou de clans sans lien de parenté entre eux.

 

Plus rare, est le système de la famille restreinte formée par le père, la mère et les enfants. Cette organisation convient à des groupes à très faible concentration de population et pratique le nomadisme. 

 

 


Le pouvoir

 

Le rôle de chef consiste avant tout à être le garant des traditions mais rarement de contraindre les membres de son groupe à obéir à ses ordres. D’ailleurs, les Indiens qui adhérent dès leur plus jeune âge aux règles et aux lois de leur communauté n’ont pas besoin d’autorité pour les faire respecter. En fait, c’est la société toute entière qui contrôle l’individu.

Le chef doit être un bon orateur,  faire preuve d’habilité à la chasse et de bravoure à la guerre. Il se transforme parfois, en juge de paix pour régler avec impartialité les conflits.

Les Matis, eux, se passent du chef pour mettre fin à un querelle.  Les deux personnes se font face et d’une voix basse marmonnent simultanément leurs griefs. Suite à quoi, chacun de son côté part chasser et revient apaiser.

Le statut de chef est quelques fois attribué à celui qui a fondé le village. Ses pouvoirs sont limités et les décisions importantes sont prises par un conseil d’anciens.

Chez les Yanomami et les Surui, le rôle de chef est héréditaire. Dans la société Bororo on ne devient pas chef de père en fils mais d’oncle maternel à neveu.

Il y a des groupes où le chef est élu au suffrage universel pour un mandat à durée déterminée.

Dans quelques groupes, les chefs traditionnels perdent de leur influence au dépend des jeunes générations qui ont plus de facilité à assimiler les règles de la société moderne.

 

 


La guerre

 

La réputation guerrière de certains groupes, notamment ceux apparentés aux familles linguistiques Jê et Tupi-Guarani n’est ni usurpée ni surfaite. Leur histoire est une longue suite de conflits et de querelles intestines qui aboutissent toujours à des expéditions punitives ou à des séparations.

Les motifs d’hostilité sont multiples : accusations de sorcellerie, souvenirs de meurtres passés, craintes d’agression, recherche  de trophées.

La guerre peut faire partie intégrante de la vie sociale et, au lieu de détruire les structures elle contribue à les ordonner. Chez les Yanomami les relations pacifiques et l’agressivité sont l’une et l’autre l’expression de la structure sociale. Ils échangent les services, les dons, le gibier mais aussi les coups et les morts.

Lors des expéditions guerrières les enfants et les femmes sont généralement épargnés et incorporés au groupe victorieux. En revanche, les hommes sont abattus ou faits prisonniers. Il y a quelques décennies, ces derniers étaient, à plus ou moins long terme, tués et dévorés.  

Les meurtriers sont contraints de modifier leurs comportements. Ils doivent jeûner, cesser toute  activité  et parfois changer de nom.  Il peut même arriver que le meurtrier se substitue à sa victime. L’homme Araweté « meurt » en même temps que l’ennemi qu’il a tué. Son âme monte au ciel avec celle du mort. De retour au village, il passe cinq jours, sans rien manger et sans se laver. En infligeant à son corps un état de décomposition, le meurtrier désire « devenir-cadavre ».

 


Agriculture

La civilisation du manioc

 

La luxuriante végétation d’Amazonie laisse à penser qu’il suffit de se promener dans la forêt pour trouver en abondance fruits, baies, gibier et poissons. En réalité, il n’en est rien. Il a fallu aux Indiens de grandes facultés d’observation pour tirer profit de leur environnement. La richesse de leurs connaissances botaniques est, certes, un avantage incommensurable, mais il n’en demeure pas moins que la lutte pour la vie est permanente. La quête de la nourriture reste donc l’activité principale. Les Amérindiens tirent leur subsistance de la culture du sol, de la cueillette, de la pêche et de la chasse. Chaque activité est partagée entre les hommes et les femmes, et l’emploi du temps varie selon les saisons.

Le défrichage de la forêt qui est un travail pénible incombe aux hommes. Pour fertiliser un sol pauvre en matières nutritives, les Indiens pratiquent une agriculture sur brûlis. La plantation entoure les habitations et est exploitée par toute la communauté.

90% des jardins sont réservés à la culture du manioc. Ce tubercule est devenu l’élément de base de la quasi-totalité des Indiens d’Amérique du Sud et nourrit aujourd’hui des millions de personnes sur tous les continents

Le manioc est la plante idéale en forêt vierge. Il mûrit en 8 mois et se récolte en toute saison.

Avant d’être servies en farine ou en galette, les racines de manioc subissent divers traitements. En effet, le tubercule cultivé contient de l’acide cyanhydrique, un suc toxique.

La récolte du manioc, ainsi que son traitement sont réservés aux femmes. Après avoir été pelé, lavé et râpé, le manioc est transformé en purée et versé dans un long cylindre en osier extensible. La vannerie suspendue à une poudre est pressée et permet au manioc de libérer le poison.  

Les Amérindiens cultivent aussi le coton, le maïs, la banane, l’ananas, la patate douce, l’igname, la courge, la papaye et les piments.

La cueillette, le plus ancien mode de subsistance, complète l’alimentation de base des Indiens. Les hommes et les femmes profitent de chaque sortie en forêt pour cueillir tout ce qui se présente de comestible. Le ramassage demande une excellente connaissance de la faune et de la flore pour collecter fruits, petits animaux, insectes et larves.

Le palmier joue également, un rôle primordial dans la vie des Indiens : ils profitent avantageusement de ses palmes, de ses noix, de son écorce, de son cœur et son bois est utilisé pour confectionner des arcs.

 

 


La chasse

 

La chasse est le privilège des hommes. Cette activité collective ou individuelle est un moyen vital de ravitaillement et procure un grand prestige aux chasseurs les plus habiles.

Dès son plus jeune âge, un garçon doit être capable de confectionner un arc et des flèches ainsi que des hottes en feuilles de palmier pour le transport du gibier.

L’arsenal des flèches est adapté à chaque type de gibier. Les flèches sans empenne avec des pointes en forme de tridents servent à attraper les poissons. Celles qui présentent des pointes en os ou en bambou sont réservées aux petits animaux et celles avec des pointes plus larges aux grandes proies. Il y a aussi des flèches assommoir utilisées pour la capture des oiseaux. L’extrémité pointue est dans ce cas remplacée par une coquille ou une boule de cire. Cette technique spécifique de chasse évite de tuer l’animal et d’abîmer ses plumes.

La chasse à la sarbacane est employée par les Amérindiens de l’ouest amazonien.  Le long tube cylindrique de 3 à 4 mètres permet d’atteindre des oiseaux ou des singes localisés dans la canopée. Les Indiens enduisent les pointes de flèches d’un poison : le curare. C’est un savant dosage de plusieurs espèces de lianes appartenant à deux espèces : les Strychnos et les Chondrodendron. Sa fabrication varie selon les régions. La préparation peut être complétée avec des serpents, des grenouilles, des fourmis, des chenilles urticantes, d’autres plantes, de salive et de sang menstruel. Cette potion est bouillie durant plusieurs jours.

Le poison injecté dans la circulation sanguine, agit au niveau de l’influx nerveux en bloquant sa transmission entre les cellules. Une proie empoisonnée par le curare reste comestible.

Pour les Indiens, le poison n’est pas seulement une arme de chasse, il est aussi le résultat d’une magie complexe entraînant une modification de comportement de celui qui l’a préparé et l’astreint à respecter des tabous afin d’en décupler son efficacité.

Le poison est également employé comme chez les Yanomami qui en enduisent la pointe des flèches pour chasser les singes.

La médecine moderne a profité des curares pour le traitement de la rage, du tétanos et comme adjuvant dans les produits anesthésiants.

Depuis l’arrivée des colonisateurs Européens, parfois un chien accompagne le chasseur dans ses expéditions.

Les Indiens utilisent également certaines stratégies : ils mettent le feu à la savane afin d’encercler le gibier ou de provoquer sa fuite ou encore, ils se camouflent derrière des paravents pour la chasse à l’affût.

De nombreux groupes amérindiens sont soumis à des tabous alimentaires très stricts. Généralement, un bon chasseur ne tue jamais plus de gibier que nécessaire sous peine d’offenser le maître de chaque espèce. L’esprit se vengerait et il rentrerait bredouille.

 

 


La pêche

 

La pêche est plus productive que la chasse.

Généralement, une petite rivière suffit pour se procurer du poisson. Le Indiens pêchent à l’arc, disposent des pièges et, depuis peu pêchent à l’hameçon.

Mais c’est la pêche au timbó qui offre le plus grand plaisir et le meilleur rendement. Elle est l’occasion de réunir hommes, femmes et enfants dans une même activité. Une partie des pêcheurs se positionne en amont de la rivière et écrase des lianes qui libèrent un suc toxique contenant des particules de saponine. Celles-ci pénètrent dans les ouies des poissons provoquant leur paralysie, sans toutefois affecter la qualité de leur chair.

Quelques tribus bâtissent des barrages en bois dans lesquels ils introduisent des nasses. Si la pêche est fructueuse et dépasse la consommation quotidienne, le surplus de poissons est boucané sur des claies en bois. Cette technique culinaire permet la conservation des aliments.

 


Naissance

 

Dès qu’une femme est enceinte, elle renonce immédiatement, ainsi que son mari, à consommer certains aliments qui pourraient, par une sorte de contagion magique, nuire à l’enfant. Les parents modifient également  leur comportement, surtout le père qui peut parfois, cesser toutes activités et rester allongé dans son hamac. C’est une façon pour l’homme de montrer que lui aussi est capable de souffrir. Cet affaiblissement temporaire permettrait de tenir éloigner les esprits malsains désireux de s’emparer du nouveau-né.

L’accouchement se déroule soit à l’intérieur des maisons, soit dans la nature. La femme est seule ou aidée par des sages femmes. Il existe des breuvages d’herbes destinés à atténuer les douleurs et d’autres pour avorter.

Les trois premières années de son existence, l’enfant reste toujours en contact avec sa mère ou tout autre membre du village. Durant cette période, il ne forme qu’un avec ses parents. Si le père est malade, l’enfant le sera aussi.

Les relations sexuelles entre époux sont parfois interrompues tant que le dernier né ne sait pas marcher ce qui peut constituer un mode de régulation des naissances.

La dénomination d’un nouveau membre est une étape importante dans la vie de la communauté et donne souvent lieu à de grandes cérémonies. Le jeune reçoit un ou plusieurs noms qui changeront au cours de sa vie.  

 


Education

 

L’éducation des enfants est établie sur une pédagogie de totale liberté, c’est-à-dire sur un respect mutuel entre les parents et les enfants. En fait, les adultes ont peu de choses à refuser aux jeunes. Cette éducation la moins répressive qui soit produit des individus responsables. L’apprentissage qui se déroule sous la forme d’observation, d’imitation et de participation, est dispensé par les parents, les oncles ou les parrains.

Il est primordial que les jeunes enfants intériorisent, dès leur plus jeune âge, les règles de leur groupe et connaissent exactement quelle est leur place au sein de la tribu.

Les rites d’initiation sont des passages obligatoires pour marquer la fin de l’enfance et l’entrée dans la classe des adultes. Ils permettent d’intégrer définitivement les jeunes à la collectivité.

Les initiations masculines sont variées et parfois douloureuses : jeûnes, piqûres d’insectes, scarifications, flagellations, circoncision, perçage de la cloison nasale, de la lèvre, du lobe des oreilles, tonsures, limage des dents et épreuves d’habilité.

Les initiations féminines comprennent généralement une simple réclusion au moment des premières menstruations.   

 


Education sexuelle

 

Les comportements sexuels des Indiens d’Amazonie donnent lieu à la plus grande variété allant du respect rigide de règles et d’interdits à une liberté totale.

L’éducation sexuelle est dispensée au cours des rituels initiatiques ou juste après. Chez les Xavante, les jeunes garçons de 16 ans sont initiés par la femme de leur frère.

C’est souvent à la fin des rites que les filles se marient et la défloration a lieu toujours après les premières menstruations. Dans le haut Xingu, les filles ont une sexualité libre mais ont l’interdiction d’avoir un enfant hors mariage. De son côté, la jeune fille Apinayé manifeste sa tendresse envers son amoureux d’une étrange façon. Durant l’étreinte, elle lui mord les sourcils, les arrache avec ses dents et les crache avec bruit.

Les garçons Kayapo, logés dans la maison des hommes au centre du village, visitent chaque nuit les filles restées dans leurs habitations. Ils doivent cependant interrompre ces visites nocturnes avant le lever du jour.

Le cycle menstruel est une période redoutée par les femmes. Elles ne sont plus autorisées à préparer les repas ni à toucher l’eau. Les Indiens du haut Xingu rendent les piranhas responsables des saignements. Ils croient qu’un de ces poissons carnivores se cache dans le vagin des femmes.

Les relations sexuelles cessent à l’occasion d’une naissance, d’un deuil ou d’une maladie et durant les menstruations.

 

 


Mariage

 

Les tribus d’Amazonie n’acceptent pas l’état de célibat. Dès qu’un jeune garçon ou une jeune fille est en âge de se marier, on célèbre son union. L’Indien se marie normalement dans sa tribu mais les mariages exogames, qui amènent les membres d’un clan ou d’une tribu à se marier hors de la famille ou de la tribu, existent également.

Le premier mariage est souvent le résultat d’un accord préétablit entre les parents des futurs époux. La monogamie n’est pas une règle obligatoire. La polygynie est assez répandue et permet à un homme de convoler avec deux ou plusieurs femmes. Elle peut être un privilège de certaines classes sociales (Mundurucu). La polyandrie est moins fréquentes et se rencontre surtout dans les groupes qui ont subit un déséquilibre démographique.

La mariage ne donne pas forcément lieu à une cérémonie.

Le système uxorilocal est généralement appliqué après le mariage et oblige le mari à s’installer chez ses beaux-parents. Il effectue certaines tâches qui constituent, en quelque sorte, sa dot.

Le divorce est prononcé sans formalité surtout si, après quelques années, le couple n’a pas eu d’enfant. Chez les Xavante, l’homme désirant se séparer de sa femme qui a commis un adultère, doit d’abord insulter l’amant de celle-ci en public.

Après la mort d’un des époux, il existe une sorte de mariage secondaire : le lévirat qui oblige une femme à se marier avec le frère de son mari défunt et le sororat qui, à l’inverse, contraint un homme de se marier avec la jeune sœur de sa femme ou même, si cette dernière est stérile, à faire un enfant avec sa belle-sœur. 

Les contacts réguliers avec la société brésilienne ont modifié les structures sociales. Ainsi, des Amérindiens se marient avec des hommes ou des femmes n’appartenant pas aux communautés indiennes.

 

 


L'art de la plume

L’art de la plume est une pratique quasi commune à toutes les populations de l’Amérique tropicale. Il représente l’expression la plus singulière pour affirmer son identité ethnique, sociale et culturelle. La plumasserie d’une communauté est régie par des codes et des contraintes socioculturelles. Ainsi, la morphologie, la technique et les combinaisons de couleurs d’un objet dépendent d’un univers culturel propre au groupe ethnique auquel appartient l’artisan.

Activité essentiellement masculine, l’apprentissage du travail de la plume se déroule souvent durant ou après les rituels d’initiation. Très tôt, un jeune garçon doit savoir fabriquer des flèches aux pointes en os ou en bambou aiguisé, des flèches assommoir pour capturer des animaux vivants, tirer à la carabine et dresser des pièges. Ensuite, il doit être capable de plumer un oiseau et de classifier les plumes selon leurs formes et leurs couleurs.

Les plumes sont classées en trois catégories : les pennes provenant de la queue ou des ailes avec un aspect fusiforme et de superficie continue; les plumes qui recouvrent les côtes et l’abdomen, larges et arrondies et les plumules du jabot de structure duveteuse.

Pour amplifier le potentiel esthétique de l’objet, la matière-plume peut être combinée à d’autres éléments éclectiques comme griffes, cuir, peau de mammifères, graines, cheveux humains, nacres, fibres végétales, fil de coton, plastiques synthétiques et aluminium.

Les Amérindiens ont développé des techniques d’assemblage des matières premières qui englobent une multitude de procédés consistant à fixer sur une filière une série de plumes petites et grandes. Ils peuvent aussi, grâce à la technique de collage à l’aide de résine, de cire ou de suie, disposer les plumes sur des supports de tissu ou de bois. La plume peut, dans certains cas, subir des transformations en étant taillée de formes diverses : épointage, en dent-de-scie, triangulaire.

Les Amérindiens profitent avantageusement de la diversité des espèces ornithologiques du bassin amazonien. Le nombre d’oiseaux fournisseurs varie sensiblement d’une production ethnique à l’autre. La sélection des espèces dans la plumasserie est davantage le fait d’un choix dicté par la tradition que par la richesse ou la pauvreté du milieu naturel. Les perroquets, les aras, les toucans, les hoccos, oiseaux pouvant être élevés en semi-captivité, sont les principaux pourvoyeurs de matières premières. Bon nombre de ces oiseaux ne livrent qu’une partie infime de leur plumage. L’ara macao, quant à lui, entre dans l’art plumassier de tous les groupes et offre la quasi totalité du spectre des couleurs.    

 

 

Certains groupes amérindiens du Brésil savent modifier la couleur naturelle des plumes. La transformation chromatique des pennes est le résultat de plusieurs procédés simples ou sophistiqués. La méthode de coloration artificielle des plumes blanches trempées dans une décoction de Bois du Brésil afin de les teindre en rouge est la plus répandue. Les plumassiers peuvent aussi changer le régime alimentaire des oiseaux ce qui provoque une décoloration du plumage.

La technique du tapirage pratiquée sur des oiseaux vivants est celle qui nécessite la plus importante maîtrise car elle fait appel à une excellente connaissance de la faune et de la flore locale. Elle consiste à plumer l’oiseau, surtout les perroquets et les aras et à irriter leur épiderme avec une mixture à base de diverses plantes. Les pennes vertes ou bleues se colorent en jaunes lors de la repousse.

Les Indiens Enawenê-Nawê pratiquent la technique du tapirage pour la confection des coiffes de cérémonie utilisées lors du rituel du Yãkwa. Ils capturent sur les bords des rivières une grenouille qu’ils crucifient à une armature en bois. Le dos du batracien est couvert d’un venin qui à l’aide d’un bâton est retiré puis mélangé dans un jus de rocou. Le bâton enduit de cette mixture est introduit à plusieurs reprises dans le fuseau des plumes rectrices préalablement arrachées. A la fin de l’opération, la queue du perroquet est complètement déplumée.

Lors de la repousse, les plumes qui étaient à l’origine vertes apparaissent après quelques semaines, jaunes avec des nuances vermillons.       

 

 

 

 

 


L'art du corps

 

Les sociétés tribales d’Amazonie, ignorant l’écriture, ont privilégié les peintures corporelles comme représentation de leurs pensées. Il n’y a pas un groupe qui néglige l’art du corps. Ils utilisent la peinture corporelle comme un système de communication hautement structuré qui indique le statut social d’un individu.

Les peintures sont réalisées à l’occasion de naissances, de cérémonies d’initiation, de rituels et de mariages et différent selon les sexes.

Les femmes Kayapo consacrent à cette activité cinq à six heures par jour. Elles dessinent sur leur corps, ou celui de leurs enfants, des motifs linéaires complexes représentant des animaux ou la nature et correspondant à une situation sociale précise. Elles savent les exécuter de mémoire et ce n’est que la répétition des décorations qui leur permet de maintenir le souvenir de ces dessins destinés à disparaître avec le temps.

Les personnes malades ou observant un deuil ne sont pas autorisées à se peindre.

Les peintures appliquées sur le corps sont tirées des fruits de la forêt ou des jardins. Les graines de rocou provenant d’un arbuste donnent la couleur rouge. On l’obtient en frottant les graines entre les mains.

Le noir, autre couleur préférée des Indiens, est le résultat d’une préparation plus délicate. Il provient du jus incolore du génipa mélangé avec du charbon de bois et de la salive. Cette teinture est presque invisible après application. Il faut parfois attendre le lendemain pour que les dessins apparaissent.

Certains groupes complètent la palette de couleurs avec du blanc tiré de l’argile. Il est employé uniquement lors des cérémonies.

Le rouge et le blanc partent au premier bain à la rivière alors que la couleur noire résiste une dizaine de jours.

Ces teintures végétales passées sur le corps dégagent une odeur nauséabonde et offrent ainsi, une protection efficace contre les piqûres de moustiques. 

 

 


Chamanisme

 

Le chaman est le médiateur entre les humains et les esprits. Il  est capable de communiquer et de voyager dans un monde invisible peuplé d’entités surnaturelles. Il est à la fois guérisseur, chasseur de sorciers, maître spirituel des animaux, informateurs des lieux de chasse et de pêche, contrôleur des âmes et responsable de l’ordre.

Pour les cures, l’homme-médecine possède une riche pharmacopée provenant de la forêt et utilise la fumée de tabac comme purificateur et vivifiant. Il sait diagnostiquer une maladie en entrant en transe grâce à l’absorption de substances hallucinogènes ou par la maîtrise de techniques de respirations, de chants et de danses. C’est dans un état de conscience modifiée qu’il visite les esprits célestes et convoque ceux qui seraient responsables du mal ou ceux qui pourraient lui venir en aide.

Le chaman redonne la santé au malade en insufflant sa propre force par des massages et des succions. Il extrait du corps du patient le mal symbolisé par divers objets.

Le rêve et la transe sont expliqués par l’abandon temporaire de l’âme qui quitte le corps pour vagabonder dans le pays des esprits.

Le chamanisme est un art qui nécessite un long apprentissage dispensé par un maître. On peut accéder également au statut de chaman soit par révélation soit par hérédité, comme chez les Mundurucu ou bien encore suite une longue maladie.

Le chaman peut recevoir une rémunération (colliers, plumes, céramiques) en échange de ses services. L’échec d’un traitement est mis sur le compte du pouvoir supérieur d’un sorcier ennemi ou d’un esprit malin qui s’acharne sur le malade.

Tout chaman se double d’un sorcier capable de tuer à distance.

Les interventions du chaman sont toujours limitées dans le temps et la régularisation de l’ordre est éphémère et menace de se rompre à tout instant. Il faut par conséquent, que le chaman exerce ses pouvoirs autant de fois que nécessaire.

Le chamanisme est le domaine des hommes bien qu’il existe des tribus où les femmes pratiquent la magie et soignent les maladies.

 


Maladies et mort

 

Pour les Indiens la maladie et la mort naturelle n’existent pas. Elles sont les conséquences de l’intervention d’esprits et de démons qui s’emparent des âmes. Pour luter contre ces actes maléfiques, l’Indien se doit de respecter certains interdits et tabous dans sa vie quotidienne.

L’intervention d’un esprit malsain peut se manifester par de la fièvre ou par la modification du comportement de la personne possédée. A la moindre alerte, les Zo’é se scarifient les jambes pour expulser les esprits qui auraient pris possession du corps.

La mort est effective lorsque l’âme a définitivement abandonné le corps du défunt pour rejoindre des lieux sacrés. Les Kayapo pensent que les esprits des morts vivent dans le village des défunts, organisé comme celui des vivants. La différence est que les esprits vivent la nuit. Ceci expliquerait la peur des Kayapo d’effectuer des sorties nocturnes en forêt.

Les esprits peuvent ressentir de la nostalgie et les Kayapo redoutent que l’esprit du défunt emporte un membre de sa famille. Pour éloigner les esprits, les parents d’une personne récemment décédée allument dans la maison de grands feux..

Les esprits craignent la fumée. Les femmes Kayapo se protègent en fumant en permanence dans les plantations et crachent dans toutes les directions avant de quitter les champs.

Certains esprits peuvent avoir une vie éphémère et d’autres, au contraire, sont éternels. Chez les Araweté l’âme des morts, à son arrivée au ciel, est dévorée par les dieux qui la ressuscitent et devient des lors immortelle. Une fois parvenue au village des esprits ses difficultés prennent fin. Tout y est abondant et c’est la fête perpétuelle

Les rites funéraires sont différents selon les tribus. En général, les biens du défunt sont détruits. Quelques groupes (Yanomami) pratiquent l’endocannibalisme : il s’agit de donner au défunt une forme de sépulture secondaire. Après la décomposition des chairs, les ossements du mort sont incinérés puis broyés dans une calebasse. La poussière des os, mélangée à une boisson fermentée, est ensuite ingurgitée par les membres de la communauté.

Le défunt est enterré dans sa maison, dans son village ou dans la forêt. Les Kayapo enterrent le corps en position assise hors du cercle du village. Durant les premières semaines les parents déposent de la nourriture et des boissons à côté de la tombe car l’esprit ne trouve pas immédiatement le chemin qui mène au village des morts.

Parfois, l’enterrement est provisoire. Après quelques semaines, on ouvre la fosse pour en retirer les ossements qui sont alors déposés dans une urne ou dans un panier (Bororo).

 

 


Rites et cérémonies

 

Facteur de cohésion sociale, les rituels ponctuent la vie de la communauté. Ils se distinguent des activités quotidiennes par des cérémonies codées et sont réalisées au cours d’évènements spécifiques et en périodes déterminées.

Certaines étapes du cycle de la vie de l’être humain comme la naissance, la puberté, le mariage et la mort sont marquées par des rituels.

Le rituel est un type de langage  « un moyen de dire les choses »  où,  à certains moments de la vie, la collectivité se rassemble « hors de l’ordinaire du quotidien » pour s’exprimer par des     gestes, des sons et des paroles répétitifs et caractéristiques.

La fréquence des rituels sert à renforcer les liens sociaux entre le groupe et à montrer à l’individu l’importance sociale du moment.

Les gestes, les mouvements, les ornements, les chants, les danses et la musique sont toujours de nature symbolique. Seuls les membres du groupe savent en décrypter la signification et peuvent comprendre le message transmis par le rituel.

Chaque cérémonie possède sa musique et ses pas de danse qui se transmettent d’une génération à l’autre par la répétition des fêtes sans être obligatoirement enseignés.

Le répertoire de chants varie d’un groupe à l’autre et peut parfois être d’une grande richesse. Les Kuikuro qui célèbrent le Tolo, un rituel au cours duquel les femmes prennent symboliquement le pouvoir aux hommes, connaissent plus de 2000 chants. Les Tembé disposent de chants pour le jour et de chants pour la  nuit.

La fin d’un rituel clôture la période « hors du quotidien » et permet à la vie ordinaire de reprendre son cours.

 


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